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«
Soif »
RICARDO DESSAU
Ici on chante la Beauté, l’Amour,
la Liberté, et on hurle l’absence de beauté, d’amour
et de liberté dans le monde. Si on prend ces concepts séparément,
chacun comportera les autres. Ainsi, il n’y a pas d’amour
sans beauté ni liberté. Ce qui, dans ce cas-là, vaut
autant pour l’Humanité que pour les êtres singuliers
qui aiment. Mais les amours concrets se dégradent aussi et perdent
les attributs sans lesquels ils ne pourront pas être. « Soif
» comprend, en trois « mouvements » -la beauté
éternelle, le monde prisonnier de l’horreur, et les bonheurs
et malheurs de l’amour homme-femme- l’aspiration d’unité
de ce qui est inséparable par définition. Toutefois, le
sable pénètre dans la gorge et la soif n’a ni fin
ni cesse. « Soif Gorge Sable » est précisément
le titre du poème qui ouvre ce bref mais intense recueil. Recueil
d’une intensité innée à ce poète, qui
n’ayant publié avant aucune œuvre à titre individuel
porte la poésie en corps et âme, depuis son plus jeune âge
lorsque sa mère lui disait le meilleur des poètes romantiques
et moderniste. Et dire ici « Mère » c’est dire
: « Au commencement fut … le Poème ». Cristina,
en effet, fut accouchée dans la Lumière. Une lumière
qui luit « vers à vers, coup à coup », comme
dirait Machado, car tout , autant dans son écriture que dans sa
personne, éclate en une luminosité qui frappe au plus profond
de notre être, mais … en nous caressant.
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